Une situation des plus inhabituelles m’a conduit à prendre la décision de me porter candidat sous les couleurs de Politique Intégrale. Malgré ma participation à chaque votation, la politique reste pour moi un concept artificiel qui peine à se déployer. Elle vise à promouvoir la voie démocratique, elle aussi en perte de vitesse. Il faut qu’elle reprenne des forces.

Je vis dans un pays prospère où tout va bien grâce à ses performances, à ses aptitudes, à sa neutralité qui fait l’objet d’éloges mais s’effrite tout de même, à sa précision et à sa capacité d’innovation. Dans de nombreux pays, je ressens de l’admiration quant à mes origines.

Dans mon pays, il manque cependant un vrai esprit intégral. Je remarque et déplore qu’on laisse de côté des projets tournés vers l’avenir au détriment de projets à court terme, prestigieux et coûteux. Ils prennent davantage de place dans l’agenda que les mesures qui ont pour but de bâtir une société pacifique.

Je me suis désormais rendu compte que la politique a besoin de personnes qui osent innover. Les combats que nous menons contre tel ou tel en médecine, en politique, dans le milieu des affaires et au quotidien prennent tant de place que nous oublions qui nous sommes : des êtres pleins d’énergie avec une conscience et une aptitude au changement, le tout dans une enveloppe charnelle.

Il faut l’avouer : à divers niveaux, la plupart des acquis matériels sont dus à des ressources enlevées à d’autres personnes et à d’autres nations sous le couvert du commerce grâce à une mentalité de gagnant–perdant. Nous amassons une énorme quantité d’argent, et ce dernier devrait à mon avis bien plus s’écouler que l’eau. Le revenu de base arrivera et sera la conséquence logique des performances réalisées. L’océan est fait de gouttes d’eau. L’eau est source de vie et a des vertus purifiantes. Quelle est véritablement la tâche du Grand Conseil ? Qu’a donc causé la dissolution de l’actuelle volonté d’amélioration ? Nous avons toutes et tous beaucoup de questions, et je pense qu’elles relèvent de la politique, au sens original du terme. Il existe de nombreuses mesures concrètes qui pourraient être mises en œuvre bien plus facilement si nous le voulions.

Comment se libérer du fâcheux problème de la dépendance aux caisses maladie et devenir un peuple de personnes responsables et conscientes de la santé ? Comment réussir à communiquer ensemble grâce au langage du cœur ? Comment trouver un équilibre où les enfants vivent et profitent de la vie dans un environnement calme et approprié, où l’apprentissage se fait de lui-même, sans contrainte ni pression de se fondre dans le moule ? Quelles personnes conscientes de leurs responsabilités arriveront à mettre en place de telles structures ?

Comment parvenir à moins légiférer, à nous libérer de ces lois ? Où se trouvent les politiciens prêts à s’engager pour défendre le bien commun ? Avons-nous plutôt besoin de discuter ou de concevoir ?

Je participe volontiers à la recherche de solutions. Il s’éveille en moi une grande joie de pouvoir jeter un œil derrière les processus et à la fois de démasquer les forces qui veulent à tout prix maintenir ce système de pouvoir en place. Je plaide pour un net ralentissement, afin qu’entendre à nouveau le ruissellement de l’eau soit d’une simplicité bénéfique.

Pascal Furrer (IP Zentralschweiz)