Entre climat, guerre, pénurie énergétique, etc., nous vivons actuellement un moment charnière. Notre mode de pensée contemporain a créé ces problèmes qu’il n’est pas en mesure de résoudre. En conséquence, nous devons changer notre manière de penser et ouvrir notre conscience afin d’entrevoir de nouvelles voies. Dans de telles périodes, des peuples indigènes accomplissent aujourd’hui encore des rituels à l’aide de substances psychédéliques (comme l’ayahuasca ou le peyotl) afin d’obtenir une vision et de retrouver leur guide intérieur.
Cependant, en Suisse, toutes les substances psychédéliques telles que les champignons, l’ayahuasca, le LSD ou la MDMA sont interdites, et l’on peut se demander si c’est bien judicieux.
L’Alps Conference s’est tenue en octobre à Berne et a réuni des scientifiques du monde entier qui étudient l’usage de substances psychédéliques. Kathrin Preller, de l’Université de Zurich, dresse la liste de leurs bienfaits: «Le LSD permet de rompre avec des modes de pensée figés. Il aide à percevoir le monde, et soi-même, autrement. Cela peut être utile pour trouver des solutions innovantes et meilleures aux problèmes.»
Par ailleurs, les substances psychédéliques présentent d’autres avantages bien connus:
- Traitement efficace des troubles «incurables» tels que la dépression, l’anxiété et les comportements addictifs, sans les effets indésirables des médicaments conventionnels.
- Aux États-Unis, l’usage de la MDMA a montré des résultats concluants pour le traitement du stress post-traumatique chez les anciens combattants.
- Chez les personnes en bonne santé, les substances psychédéliques ont aussi fait preuve de multiples bienfaits, comme une meilleure faculté à se reconnecter à soi-même, à son intuition et à ses valeurs. Le lien avec la nature est également renforcé.
- Des études scientifiques ont démontré que les substances psychédéliques peuvent aider à résoudre de manière plus efficace une grande variété de problèmes, des difficultés au sein du couple aux problématiques scientifiques et techniques.
- Nombre d’usagers disent réussir à sortir de l’inertie pour passer à l’action lorsqu’ils font face à des difficultés majeures.
- Le risque d’addiction est nul, et il n’existe aucun effet secondaire physique.
Cependant, les substances psychédéliques ont aussi des inconvénients:
- Les jeunes, en particulier, consomment souvent des psychédéliques en association avec d’autres drogues et dans un environnement qui ne s’y prête pas, où ils ne sont pas en sécurité.
- Illégales à l’heure actuelle, leur qualité n’est pas contrôlée par l’État, et les substances vendues sur le marché noir comme psychédéliques contiennent parfois des ingrédients tout autres. Ces drogues peuvent provoquer des dommages tant au niveau psychique que physique.
- Du fait de l’illégalité également, ces «médicaments» ne sont pas fournis avec une notice d’utilisation et les précautions prendre. Pour cette raison, des surdosages surviennent de temps à autre.
La légalisation présenterait donc des avantages non négligeables, car les substances seraient de bonne qualité et se présenteraient sous forme de doses adéquates. Il serait possible de former des accompagnants et thérapeutes professionnels pour assurer une expérience positive.
Heureusement, le Conseil fédéral se penche lui aussi sur la question et reconnaît que «l’usage de substances psychoactives est une réalité sociale qui comporte aussi bien un potentiel d’addiction que de guérison.»
Outre ses bienfaits significatifs pour la santé, l’usage de substances psychédéliques m’apparaît également comme un moyen de découvrir d’autres pistes de solutions aux problèmes les plus épineux de notre société.
Quel est votre avis? Faut-il légaliser les substances psychédéliques? Connaissez-vous d’autres avantages et inconvénients? Vous pouvez en débattre avec moi dans les comentaires ici en bas.
Vous êtes curieux de savoir d’où je tiens toutes ces informations? Vous trouverez de nombreux liens à ce sujet sur l’article en allemand, ainsi qu’une liste de sources.


