Toutes les fois que j’examinerai n’importe quel problème politique ou social, je m’engage à oublier absolument le fait que je suis membre de tel groupe, et à me préoccuper exclusivement de discerner le bien public et la justice.
Simone Weil, Note sur la suppression générale des partis politiques, 1950 [1]
Le 27 novembre 2025, Pascal nous reçoit dans la cuisine chaleureuse de sa ferme fribourgeoise. Nous lui avions demandé cet entretien pour découvrir son expérience politique de 42 ans sans aucune appartenance à un parti politique.
En effet, la Politique Intégrale considère que la structure actuelle de la politique suisse (et internationale) fondée sur des partis politiques est un cadre conventionnel historique obsolète et inadéquat faces aux réalités d’aujourd’hui.
Pascal, qui approche ses 82 ans, a été membre du Conseil d’État Fribougeois pendant 15 ans. Il nous partage pourquoi, tout au long de sa carrière politique, il a refusé l’appartenance à un parti. Son humanisme, son éthique et son pragmatisme ont toujours primé sur les doctrines partisanes. A travers la pratique de l’écoute et de la réflexion collective respectueuse et bienveillante, il a pu orienter les prises de décision de l’Exécutif vers les solutions les mieux adaptées non pas aux doctrines, mais à la réalité du moment et aux valeurs humaines profondes de chacun des décideurs élus.
Cette manière de penser et d’agir en politique était tout à fait exceptionelle il y 30 ans et le reste encore aujourd’hui. Sa longue carrière démontre néanmoins que cela est bien possible. Cela demande des qualités d’intégrité, de remise en question personnelle constante, de respect, d’écoute, d’ouverture que nous avons pu constater avec joie chez ce grand pionnier.
Peu de mots ont été nécéssaires pour lui exposer les grandes lignes de la Politique Intégrale. Il nous a chaleureusement exprimé son soutien en ces termes : « Je ne connaissais pas cette notion de politique intégrale. Pourtant, j’ai le sentiment d’avoir eu des motivations très proches et des actions également. »
Nous souhaitons que, suivant son exemple courageux, nos élus dépassent les contraintes partisanes et créent l’espace adéquat pour délibérer et prendre les décisions politiques dans la liberté de penser, en accord avec les objectifs collectifs à atteindre et leurs valeurs profondes, sans être contraints par les intérêts de leur partis.
Merci, cher Pascal, ami et guide, pour ta vie dédiée à ces valeurs politiques capables de réveiller en nous tous et toutes un nouvel élan politique empli de sens.
Aïma Andany et François Suter
[1] Simone Weil, Note sur la suppression générale des partis politiques, 1950


