Déclaration sur la procédure et l’objectif du commentaire politique
A l’instar des commentaires politiques de PI Suisse pour les votations fédérales, la prise de position de PI Genève est la conclusion d’un processus qui aide à définir des positions intégrales pour les textes soumis à la votation cantonale. Il y est déterminé si un texte représente un pas vers une vision d’une société intégrale, c’est-à-dire fournit une contribution à la transformation de la société, ou si la demande n’est qu’une variante de l’existant qui ne fait que tourner en rond. Le groupe PI Genève porte un jugement sur les textes.
Le résultat de ce processus de réflexion est l’aboutissement d’un état des lieux de la situation actuelle et se traduit par une recommandation de vote intégrale sur la base d’arguments concrets.
L’objectif du commentaire est d’inciter les lecteurices à mener des réflexions similaires, axées sur une vision, afin de tirer leurs propres conclusions. Le but d’une position intégrale n’est pas d’avoir raison, mais de guider les personnes vers une conscience plus éclairée.
Les responsables de cette publication sont: Aïma Andany et François Suter
Les thèmes de vote suivants sont proposés au niveau cantonal le 14 juin
Loi pour une expression non ostentatoire des convictions religieuses
Loi sur les heures d’ouverture des magasins (LHOM) (Ouverture du dimanche)
1 – Loi pour une expression non ostentatoire des convictions religieuses
Ce que demande la modification
La loi propose de modifier la Constitution genevoise pour y inscrire une observation d’une neutralité religieuse de la part d’un certain nombre de personnes selon leur fonction et le contexte. Cette neutralité s’incarne en ne parlant pas de son appartenance religieuse et en n’en montrant aucun signe extérieur. Les personnes concernées sont:
Les membres des exécutifs cantonaux et communaux, dans le cadre de leur fonction;
Les magistrats du Pouvoir judiciaire, dans le cadre de leur fonction;
Les membres des chambres cantonales et communales, lors qu’i·elles siègent en séance plénière ou lors de représentations officielles.
A noter que les deux premiers points figurent déjà dans la Loi sur la laïcité de l’Etat (LLE).
Vision intégrale de la spiritualité
Dans une société intégrale, la liberté spirituelle de chaque individu est respectée dans sa dimension unique et intime. Les groupements religieux regroupant les personnes d’une même croyance ne sont pas nécessaires, et ne jouent pas un rôle prépondérant, ni dans la nécessité de codes moraux extérieurs car l’éthique personnelle des individus est solide, ni dans le besoin de s’appuyer sur des croyances collectives, car l’expérience personnelle est plus importante que la croyance d’un groupe. Les personnes sont en paix avec le sens de l’existence, et notamment avec l’acceptation totale de la mort et de sa place dans la vie. Par ailleurs, chacun·e se sent en sécurité d’exprimer ses croyances les plus intimes, sans non plus ressentir le besoin d’en convaincre les autres. La diversité des croyances est un enrichissement pour chaque individu.
Nos réflexions à ce sujet
La religion est fortement imbriquée dans la culture d’un pays ou d’une région. Dans le cas de Genève, il s’agit du christianisme et ses manifestations ne semblent pas déranger. Une députée municipale siégeant voilée cause beaucoup d’émoi, alors que personne ne questionne le fait que le Conseil d’Etat genevois prête serment à la cathédrale Saint-Pierre malgré la laïcité proclamée de l’Etat. Toutes les religions n’ont pas la même place dans l’inconscient collectif.
Au-delà de signes évidents, une appartenance religieuse peut être affirmée de manière plus subtile, dans la tenue et les propos. De plus, bien d’autres appartenances idéologiques peuvent être manifestées, sans être interdites.
La laïcité de l’Etat n’implique pas une attitude anti-religieuse, ni même neutralité religieuse, mais plutôt une inclusivité totale et l’accueil de la liberté de penser de chacun·e. La diversité des croyances est enrichissante et stimule la liberté de pensée.
Les assemblées législatives ne représentent pas l’État. C’est même l’inverse: chaque membre d’un corps législatif est un·e représentant·e d’une certaine partie de la population. Afficher, dans ce contexte, une appartenance (religieuse ou autre) ne paraît donc pas contradictoire avec la laïcité de l’État.
Les préoccupations spécifiques de PI Genève
Les convictions religieuses d’une personne vont teinter sa vision politique, que cette personne puisse manifester ouvertement son appartenance religieuse ou pas. Dans notre aspiration à une politique inclusive et non-polarisée, il nous paraît finalement plus sain que les attachements (religieux ou autres) de chacun·e soient les plus transparents possibles. Cacher les choses n’a jamais entraîné leur disparition.
Chaque être humain a besoin de prendre soin et développer sa spiritualité. Dans une société intégrale, ce parcours est essentiellement individuel, et le partage libre et en confiance des convictions intimes de chacun·e permet un enrichissement mutuel.
Le danger des religions réside dans l’instrumentalisation de ces religions dans des luttes de pouvoir, de domination et de violence.
La dimension spirituelle n’a pas sa place actuellement en politique au prétexte que l’on doit rester rationnel. Sans que cela n’implique l’invocation ou l’imposition d’un dogme ou d’un autre, la vision politique que nous développons ensemble devrait être empreinte du lien avec ce qui nous dépasse.
2 – Loi sur les heures d’ouverture des magasins (LHOM) (Ouverture du dimanche)
NOTE: ce commentaire a été rédigé à l’origine pour la votation annulée du 30 novembre 2025. Le texte soumis à nouveau au vote étant rigoureusement identique, nous publions ici le commentaire préparé à l’époque. Seul le texte d’introduction a été mis à jour pour refléter les dernières « péripéties » de cette loi.
Ce que demande la modification
Cette loi modifie la Loi sur les Horaires d’Ouverture des Magasins (LHOM).
Actuellement, la LHOM prévoit la possibilité pour les commerces d’ouvrir 3 dimanches par an, ainsi que le 31 décembre. L’ouverture les dimanches est conditionnée à l’extension de la convention collective de travail (CCT) de la branche. Cet article de loi a été accepté par le peuple le 27 novembre 2016, mais la CCT existante à l’époque a été dénoncée par les syndicats le 30 juin 2017 et une nouvelle CCT n’a pas pu être créée depuis. Ainsi, l’ouverture 3 dimanches par an ne s’est encore jamais réalisée (à part un test de 2 ans, en 2019 et 2020). Plus récemment, le Tribunal Fédéral a jugé qu’il n’était pas possible de lier une loi à l’existence d’une CCT, ce qui avait mené à annuler une première votation sur ce sujet, le 30 novembre 2025.
Le Conseil d’Etat genevois propose donc d’abroger purement et simplement l’article mentionnant la CCT et de permettre une ouverture sur 2 dimanches (plutôt que 3), aux mêmes conditions que le 31 décembre. Les pratiques habituelles (“conventions d’usage”) seraient normalement respectées (notamment une prime de 100% du salaire), mais ceci est à bien plaire et ne figure pas dans la loi.
Vision intégrale des échanges commerciaux
Les échanges entre êtres humains sont indispensables. En particulier, une chaîne d’échanges commerciaux, justes, libres et bienveillants, réalisés dans la tendresse, enrichit et renforce les liens entre les humains et augmente la qualité de vie de tous les partenaires.
Nos réflexions à ce sujet
Ce changement amène un début de souplesse dans l’ouverture des commerces. Cette liberté permet une adaptabilité plus grande aux différents enjeux sociaux impliqués.
L’ouverture le dimanche peut apporter plus de vie dans les quartiers, ou dans le centre-ville, notamment lors d’événements particuliers (fêtes de fin d’année, Fêtes de Genève, etc.) et autour des marchés du dimanche déjà existants.
Genève est un des seuls cantons suisses où les magasins n’ouvrent jamais le dimanche. Les magasins ouvrent également le dimanche en France voisine, tout comme dans les grandes villes européennes. Cette proposition de loi aligne quelque peu Genève avec son entourage.
Les préoccupations spécifiques de PI Genève
PI Genève souhaite que l’État soit particulièrement attentif aux conditions dans lesquelles seront réalisées ces ouvertures du dimanche, car les employés ne sont pas protégés actuellement par une CCT. En particulier, de par l’absence de CCT, la base volontaire de la participation des employé·e·s doit être strictement respectée et les rémunérations extraordinaires correspondant aux usages actuels doivent être maintenues.
Une des intentions initiales de ce changement est de soutenir les commerces à travers un accroissement de la consommation. PI Genève s’oppose à cette utilisation du commerce visant essentiellement la croissance financière. PI Genève souhaite que l’assouplissement des heures d’ouverture ait comme objectif premier des échanges plus conviviaux, d’appréciation mutuelle et de qualité.
L’ouverture du dimanche pourrait favoriser les grands magasins disposant de plus de personnel, au détriment des petits commerces. PI Genève souhaite que cette flexibilisation de l’ouverture des magasins se fasse dans le cadre d’une réflexion sur la vie de quartier, dans une élaboration commune entre habitant·e·s, patron·ne·s d’entreprise et employé·e·s.
PI Genève regrette que les relations entre le patronat et les employé·e·s soient encore marquées par la domination et la méfiance. Dans une société intégrale, chacun·e contribue au bien-être collectif à travers les rôles qu’il ou elle occupe, qui sont chargés de sens.
Votations cantonales genevoises du 14 juin 2026
Déclaration sur la procédure et l’objectif du commentaire politique
A l’instar des commentaires politiques de PI Suisse pour les votations fédérales, la prise de position de PI Genève est la conclusion d’un processus qui aide à définir des positions intégrales pour les textes soumis à la votation cantonale. Il y est déterminé si un texte représente un pas vers une vision d’une société intégrale, c’est-à-dire fournit une contribution à la transformation de la société, ou si la demande n’est qu’une variante de l’existant qui ne fait que tourner en rond. Le groupe PI Genève porte un jugement sur les textes.
Le résultat de ce processus de réflexion est l’aboutissement d’un état des lieux de la situation actuelle et se traduit par une recommandation de vote intégrale sur la base d’arguments concrets.
L’objectif du commentaire est d’inciter les lecteurices à mener des réflexions similaires, axées sur une vision, afin de tirer leurs propres conclusions. Le but d’une position intégrale n’est pas d’avoir raison, mais de guider les personnes vers une conscience plus éclairée.
Les responsables de cette publication sont: Aïma Andany et François Suter
Les thèmes de vote suivants sont proposés au niveau cantonal le 14 juin
1 – Loi pour une expression non ostentatoire des convictions religieuses
Ce que demande la modification
La loi propose de modifier la Constitution genevoise pour y inscrire une observation d’une neutralité religieuse de la part d’un certain nombre de personnes selon leur fonction et le contexte. Cette neutralité s’incarne en ne parlant pas de son appartenance religieuse et en n’en montrant aucun signe extérieur. Les personnes concernées sont:
A noter que les deux premiers points figurent déjà dans la Loi sur la laïcité de l’Etat (LLE).
Vision intégrale de la spiritualité
Dans une société intégrale, la liberté spirituelle de chaque individu est respectée dans sa dimension unique et intime. Les groupements religieux regroupant les personnes d’une même croyance ne sont pas nécessaires, et ne jouent pas un rôle prépondérant, ni dans la nécessité de codes moraux extérieurs car l’éthique personnelle des individus est solide, ni dans le besoin de s’appuyer sur des croyances collectives, car l’expérience personnelle est plus importante que la croyance d’un groupe. Les personnes sont en paix avec le sens de l’existence, et notamment avec l’acceptation totale de la mort et de sa place dans la vie. Par ailleurs, chacun·e se sent en sécurité d’exprimer ses croyances les plus intimes, sans non plus ressentir le besoin d’en convaincre les autres. La diversité des croyances est un enrichissement pour chaque individu.
Nos réflexions à ce sujet
Les préoccupations spécifiques de PI Genève
2 – Loi sur les heures d’ouverture des magasins (LHOM) (Ouverture du dimanche)
NOTE: ce commentaire a été rédigé à l’origine pour la votation annulée du 30 novembre 2025. Le texte soumis à nouveau au vote étant rigoureusement identique, nous publions ici le commentaire préparé à l’époque. Seul le texte d’introduction a été mis à jour pour refléter les dernières « péripéties » de cette loi.
Ce que demande la modification
Cette loi modifie la Loi sur les Horaires d’Ouverture des Magasins (LHOM).
Actuellement, la LHOM prévoit la possibilité pour les commerces d’ouvrir 3 dimanches par an, ainsi que le 31 décembre. L’ouverture les dimanches est conditionnée à l’extension de la convention collective de travail (CCT) de la branche. Cet article de loi a été accepté par le peuple le 27 novembre 2016, mais la CCT existante à l’époque a été dénoncée par les syndicats le 30 juin 2017 et une nouvelle CCT n’a pas pu être créée depuis. Ainsi, l’ouverture 3 dimanches par an ne s’est encore jamais réalisée (à part un test de 2 ans, en 2019 et 2020). Plus récemment, le Tribunal Fédéral a jugé qu’il n’était pas possible de lier une loi à l’existence d’une CCT, ce qui avait mené à annuler une première votation sur ce sujet, le 30 novembre 2025.
Le Conseil d’Etat genevois propose donc d’abroger purement et simplement l’article mentionnant la CCT et de permettre une ouverture sur 2 dimanches (plutôt que 3), aux mêmes conditions que le 31 décembre. Les pratiques habituelles (“conventions d’usage”) seraient normalement respectées (notamment une prime de 100% du salaire), mais ceci est à bien plaire et ne figure pas dans la loi.
Vision intégrale des échanges commerciaux
Les échanges entre êtres humains sont indispensables. En particulier, une chaîne d’échanges commerciaux, justes, libres et bienveillants, réalisés dans la tendresse, enrichit et renforce les liens entre les humains et augmente la qualité de vie de tous les partenaires.
Nos réflexions à ce sujet
Les préoccupations spécifiques de PI Genève
Photo de Meizhi Lang sur Unsplash
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